Equity

Entre la logique du don et celle de la maximisation du profit émerge ainsi depuis quelques années une voie intermédiaire : celle du social business. L’idée repose sur un double constat. D’une part, les pouvoirs publics et la société civile peinent – notamment dans les pays pauvres – à résoudre certaines problématiques, comme l’insécurité alimentaire, le manque d’accès à la santé, à l’eau, à l’énergie ou à un logement digne. De l’autre, la logique de maximisation du profit montre ses limites en accentuant par exemple la pression sur les ressources, en contribuant au réchauffement climatique ou à l’accroissement des inégalités. L’entreprise privée peut contribuer à apporter des réponses à ces défis : avec le social business, elle se met au service de causes sociétales. Le profit devient alors un moyen et non une fin en soi ; l’entreprise n’agit pas seule, mais en co-création avec les institutions publiques et la société civile.

Les entrepreneurs du social business cherchent à apporter une solution aux problématiques de la société. La finalité sociale de l'entreprise prime sur sa finalité lucrative. Ces entreprises sociales réinvestissent leurs excédents dans la lutte contre l'exclusion, la protection de l'environnement, le développement et la solidarité. Ce type d’entreprise cherche à couvrir ses coûts et à se renforcer. Elle essaie de générer de la valeur pour pouvoir affronter l’avenir avec sérénité mais n’est pas tendue exclusivement vers la maximisation du profit. Une entreprise de type « social business » va aussi consacrer une grande partie de ses bénéfices à la diminution des coûts et à la production d’avantages sociaux. Du point de vue des investisseurs, le Social Business fait partie de l’Impact Investing. Dans cette grande famille qui combine rentabilité et impact positif du point de vue sociétal, le Social Business désigne alors une niche qui donne la primauté à l’impact social combiné, dans un ordre second, à une exigence de rentabilité.

La Fondation s’est dotée d’une définition propre, de lignes directrices et de critères de sélection univoques, en s’appuyant sur ses propres expérimentations mais également sur les travaux menés par l’Agence Française de Développement (AFD).

La Fondation Grameen Crédit Agricole inclue dans le périmètre des entreprises de Social Business celles qui respectent rigoureusement les cinq critères cumulatifs suivants :

  1. une mission sociale et/ou environnementale prioritaire, véritable reflet d’un engagement clair.
  2. une organisation en cohérence avec la mission définie.
  3. une autonomie et une pérennité financière sur un mode généralement entrepreneurial avec une approche de marché.
  4. une rémunération équitable des parties prenantes à la réussite du projet à minima en accord avec les dispositions légales et règlementaires locales en vigueur.
  5. des objectifs sociaux et/ou environnementaux mesurables dans le cadre de leurs missions prioritaires et intégrés dans la charte des actionnaires. Le système de mesure qui sert au pilotage des performances sociales doit donc être pleinement intégré et adapté aux méthodes de travail de l’entreprise.