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Un nouveau partenariat entre la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole Egypte

Par Violette Cubier, Chargée d’Investissement, Fondation Grameen Crédit Agricole

La Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole Egypte ont signé un accord de partenariat afin de structurer un mécanisme de prêt en faveur de DBACD, l’une des plus importantes institutions de microfinance en Egypte, pour un montant de 59 millions EGP (2.8 millions EUR). Dans le cadre de cet entretien, Walie Lotfy, Responsable de la Banque de Proximité au Crédit Agricole Egypte, partage sa vision de ce nouveau partenariat et du développement du secteur de la microfinance en Egypte.

 

1. Pourriez-vous présenter le partenariat entre Crédit Agricole Egypte et la Fondation Grameen Crédit Agricole ?

 

Le projet d’un partenariat entre Crédit Agricole Egypte et la Fondation GCA a débuté il y a plus de 3 ans. Néanmoins, des contraintes réglementaires nous ont empêché à l’époque de concrétiser notre coopération. Parce que Crédit Agricole Egypte tout comme la Fondation étaient convaincues de l’importance de ce partenariat et du potentiel du marché, nous avons relancé notre projet en 2017 autour d’un schéma de coopération entièrement renouvelé et mieux structuré lequel satisfait les exigences du Groupe et répond aux exigences réglementaires, particulièrement en ce qui concerne les aspects liés à la conformité.

 

Ainsi, nous nous sommes fructueusement engagés dans le but de structurer un mécanisme de prêt à des institutions de microfinance (IMF) de référence. La première transaction à hauteur de EGP 59 millions (environ EUR 3 millions) a bénéficié une IMF de haut niveau en Egypte, la Dakahlya Businessmen Association for Community (DBACD).

 

Avec cette première transaction bien réussite, CA Egypte rejoindra la catégorie des banques qui offrent de la microfinance dans le pays et élargira sa gamme de services conformément avec la stratégie de croissance durable de la Banque et tout en accédant à des nouveaux secteurs.

 

2. Comment le secteur bancaire peut-il contribuer au développement de la microfinance en Egypte?

 

Historiquement, le secteur bancaire en Egypte a évité de s’engager dans le secteur de la microfinance du fait de sa complexité. C’est pourquoi les banques publiques ont longtemps dominé ce marché. Néanmoins, la Banque Centrale d’Egypte a récemment mis en place des mécanismes pour inciter les banques à appuyer le développement de la microfinance dans le pays. Par ailleurs, toutes les banques ont pris conscience du vaste potentiel du marché de la microfinance, non seulement en raison de la qualité des actifs mais aussi des niveaux élevés de rentabilité. La plupart des banques sont désormais en concurrence pour prêter aux institutions de microfinance.

3. Selon vous, quel est la valeur ajoutée de la Fondation Grameen Crédit Agricole et quelles sont les perspectives pour le partenariat?

Ce partenariat correspond à la stratégie du Groupe de renforcer les synergies entre ses différentes entités. Il apporte des avantages réciproques à la fois à la Fondation GCA et au CA Egypte. En ce qui concerne la Fondation GCA, ce partenariat ouvrira de nouveaux marchés pour son expansion. Pour CA Egypte, pouvoir compter avec la connaissance et le savoir-faire de la Fondation représentera un grand appui. Cela devra certainement contribuer à l’expansion de notre gamme de services et faciliter l’accès au marché de la microfinance en Egypte avec moins de risques associés. Ce partenariat permettra à CA Egypte de prendre de l’avance dans la compétition par rapport aux institutions ne bénéficiant pas de ce type de savoir-faire.

Ce partenariat donne aussi de la visibilité complémentaire à la Banque lui permettant d’atteindre une meilleure position dans le secteur de la microfinance en Egypte du fait de la réputation de la Fondation GCA, reconnue comme étant parmi les acteurs de référence du secteur.

En ce qui concerne les perspectives pour l’avenir, je pense que cette coopération a des forts potentiels. Nous avons tiré plusieurs leçons de cette transaction pilote et les deux entités continueront à optimiser le processus afin de développer une offre plus compétitive et atteindre un potentiel suffisamment élevé pour démultiplier notre impact tout en maintenant les risques associés sous contrôle.